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Les caprices d’un fleuve (5)

dimanche 15 août 2010, par marc

Ode à Hélène...

Après cette paisible et bucolique navigation au milieu des vergers et le rendez vous de "l’appontement sablier" le Yakkair est plié et rangé dans la voiture.

Direction Tournon pour un programme gastronomique et culturel.

Combien de fois avons nous traversé cette ville en direction ou au retour du midi ? Cette fois nous nous jetons l’ancre !

Sous les platanes tutélaires de la grande place qui bordent le fleuve la fête est finie, des forains s’affairent pour démonter des manèges et des baraques de foire, le facteur a probablement abandonné sa bicyclette sur la margelle d’une fontaine. Il fait très chaud, les cigales stridulent à coeur joie, le bel été continue de nous jouer sa plus belle partition.

Hasard ou instinct très sûr nos pas nous conduisent un peu en retrait du « front de fleuve » dans la vieille ville où nous nous installons à la terrasse du restaurant « l’Estragon ». La cuisine y est excellente et le pot de Saint Joseph gouleyant à souhait. Une adresse à recommander ! Le "Guide du routard" ne s’y est pas trompé ... un avis à suivre ?

Nos paisibles agapes achevées le musée château de Tournon nous attend, au moins à l’ombre des hauts murs il fait frais !

Les traces du premier château du Xe siècle, situé à l’emplacement d’une ancienne tour de guet de l’époque gallo-romaine, sont encore visibles à droite en entrant dans la cour d’honneur.

Partant en croisade, Saint Louis séjourna au château,puis François Ier et Henri II, en partance pour les guerres d’Italie.

La partie XIVe siècle a été très remaniée. Au XVIe siècle, de nouveaux corps de logis ont été construits, dont le grand bâtiment Renaissance abritant les collections du musée et la chapelle.

Le fils aîné de François Ier mourut au château en août 1536, suite au verre d’eau bu après avoir joué au jeu de paume à Lyon.

Six jours devant sa fin, je vins à son service,
Mon malheur me permit, qu’au lict, mort je le veisse,
Non comme un homme mort, mais comme un endormy
Ou comme un beau bouton qui se penche à demy…"

On peut voir aussi, dans le château la reconstitution de la chambre de la malheureuse Hélène de Tournon, jeune et belle, morte d’amour.

Ronsard, présent en ce château, alors qu’il était page à 12 ans, écrivit plus tard l’Ode à Hélène...

Le musée comporte également une importante section sur la batellerie du Rhône et sur les l’histoire des mariniers. Mais j’aurai l’occasion d’y revenir plus tard.

La visite terminée l’après midi est bien avancée et il faut songer à la suite du périple. De Tournon à Valence le Rhône se sépare en deux bras à partir de la Roche de Glun. Je décide de zapper cette partie sur le grand bras pour gagner le vieux Rhône qui me conduira directement au coeur de Valence.

Direction le camping de la Roche de Glun...

à suivre : Grenouilles et vents contraires, les désillusions de la Roche de Glun

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