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Les caprices d’un fleuve (7)

samedi 25 septembre 2010, par marc

Petite esquisse de météo dans le couloir rhodanien...

Je ne prétends pas être un spécialiste de la météorologie mais une partie de ma jeunesse passée dans la région d’Avignon à humer le vent pour aller naviguer sur le plan d’eau de Courtine sur un vieux 420 puis avec mon Fireball m’a permis d’accumuler quelques observations utiles.

Question vent c’est plutôt simple... Nord et Sud ! Enfin pas tout à fait...

Ma voisine à Saint Michel, une veille paysanne, m’a un jour enseigné le nom des vents, ici, chez nous au sud de Lyon. D’abord les vents dominants, le vent du Nord qui ne s’appelle pas encore le Mistral mais la Bise, le vent du sud, le Marin, le vent d’est, le Madinet qui ne souffle faiblement comme son nom l’indique que le matin et la traverse qui descend du Pilat. C’est le vent du lointain océan le vent de l’ouest qui a perdu toute sa force après avoir traversé la France... sauf une fois, c’était le vent de la tempête de 99...

Donc pour en revenir à nos navigations estivales le schéma est assez simple, en condition anticyclonique, durant les « belles journées d’été » une légère brise du nord pousse vers le sud, pour le kayak c’est l’idéal, s’ajoutant aux effets du courant la descente est facile. Cette situation peut durer plusieurs jours.

Mais il arrive chez nous à Saint Michel que l’on commence à voir les Alpes très nettement comme si les montagnes se rapprochaient.... Ce n’est pas bon signe, très vite le temps se couvre, le vent s’inverse et passe au Sud et forcit progressivement, le souffle est régulier et peut monter jusqu’à 15/20 nœuds mais sans grosse rafale brusque ni bascule.

Sur le fleuve, il convient de se méfier : vent contre courant soulève dans certains endroits un fort clapot avec la crête des vagues qui déferle : top pour le fun bord et la planche... En kayak pas question de descendre, le courant ne suffit plus... j’en sais quelque chose...

Et puis après un jour ou deux la flotte arrive et il pleut.... Au bout de deux jours en moyenne le système s’inverse et le vent du Nord le Mistral vient tout nettoyer, le soleil revient. On dit 3, 6 ou 9 jours... Contrairement au vent du Sud le Mistral souffle en rafale avec des bascules assez sensibles, bref pour un petit voilier c’est musclé ! Moins de clapot qu’avec le vent du Sud mais il faut être prudent... On se prend de rude tabanasses dans la poire ! Sur un dériveur empanner avec ce vent relève de l’acrobatie surtout sur le fleuve ou peuvent s’ajouter des effets de relief si l’on est près des berges ou de la végétation !
Au bout de quelques jours on en revient à la case départ vent du nord léger...

C’est exactement ce qui s’est passé cet été.

à suivre balisage sur fleuve

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